CONTE DOGON : L’ANE ET LE PHACOCHERE

GARIBOU PEROUIl était une fois un âne et un phacochère. Le premier vivait au village et le second en brousse. Ils ont décidé de lier amitié. À chaque foire de la brousse, what is ed l’âne allait trouver son ami, more about et ensemble ils partaient boire la bière de mil. Ils faisaient de même à chaque foire du village.

Un jour, le phacochère invita son ami pour la foire de la semaine. Chemin faisant dans les broussailles, habitat de celui-ci, derrière un buisson, ils trouvèrent les petits de maman lionne partie chercher des compléments de nourritures pour le déjeuner insuffisant.
Ayant aperçu dans le cachot une calebasse contenant un peu de farine de mil, alors monsieur phacochère proposa à son ami âne de la consommer. ‘’Humm… !’’ lui répondit monsieur âne, ‘’celui qui mange la nourriture d’un lion n’aura pas longue vie, je préfère éviter des problèmes.’’ ‘’ Je m’en fous’’, répliqua monsieur phacochère tout en ajoutant : « J’ai faim et je me gave ! ».
Devant les yeux impuissants et interrogateurs des lionceaux, le phacochère racla le contenu de farine et fit des grimaces à ceux-ci avant de continuer le chemin avec son ami.

À peine, eurent-ils fait quelques pas de chez la lionne, que celle-là arriva bredouille du glanage. À l’entrée du cachot, ses yeux tombèrent sur le récipient vide qui contenait la farine. Prise de court par l’événement, maman lionne a failli piquer une crise cardiaque. S’étant vite ressaisi s’écria à ses enfants :
« Qui a osé faire cela à moi la reine de la brousse ? »
« Qui peuvent être maman, à part messieurs phacochère et âne ?»
L’outrage semblait être trop difficile à avaler pour maman lionne. Imaginez-vous, pendant que vous vous plaignez que votre déjeuner est insuffisant en allant chercher le complément de mil sous les tiges d’un champ déjà récolté et au retour vous apprenez que vous allez devoir partager le peu avec un chien.
Ainsi, maman lionne se précipita d’aller à la trousse des deux amis pique-assiette. Une fois à leur niveau celle-ci les salua. Comme ils hésitaient à répondre, elle insista : « Eh, vous devant ! Salut ! »
Ceux-ci lui répondirent à contrecœur.
Alors, maman lionne leur demanda : « Qui d’entre vous a mangé ma farine, mon dîner ?». Monsieur phacochère ayant la langue plus rapide se précipita de répondre : « Madame lionne, sauf pour votre respect, cette question ne mérite pas d’être posée. Celui qui a le museau blanc ne peut être que le coupable, c’est logique après avoir consommé de la farine ! ».

La blancheur du museau de l’âne est naturelle et la lionne n’ignorait pas cela. Mais avant que monsieur âne n’eût le temps de se défendre, celle-ci se jeta sur lui et le battu amèrement. Ainsi, pensant avoir donné une bonne leçon au coupable, celle-ci commença à s’éloigner deux.
Entre-temps, l’âne se moqua d’elle en ricanant. Rongé dans son orgueil et atteint dans son honneur, la lionne revint sur ses pas et demanda qui avait ricané. Cette fois-ci l’âne s’en pressa de répondre le premier : « Bien-sûr que c’est monsieur phacochère, celui qui ricane a les dents dehors. » Effectivement, quand maman lionne se tourna vers celui-ci, il avait les deux défenses bien dressées au dehors. Même si elle a toujours vu le phacochère avec ses canines dehors, elle l’attacha et le chicota copieusement jusqu’à lui crever les yeux …

Ainsi, celui-ci appela son ami après le départ de la lionne, et lui dit : « Il est temps que notre amitié prenne fin. »
Vous savez, comme le dit l’adage, quand deux personnes s’entendent, l’ombre d’une aiguille peut les suffire ; mais quand c’est le contraire, même l’ombre d’un caïlcedrat ne les suffira pas.
Morale de l’histoire, l’amitié et la vie en général sont fondées sur la compréhension mutuelle. Le bien de l’autre est sacré.
Conte Dogon

Garibou PEROU